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Livre d'Or
Ecoutez mes poèmes

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La poésie est au centre de ma vie et de mes travaux. C'est ce qui en organise la diversité dans un réseau (un labyrinthe, un laborinthe) où poèmes, théâtre expérimental, critique artistique et littéraire, théorie esthétique, traductions, voyages, sont en corrélation. Mon champ opératoire, c'est la modernité, et la modernité, pour moi, c'est quand toutes les formes sont mises en jeu et peuvent être mises en oeuvres. Ayant récusé les modèles canoniques, nous nous découvrons, plus clairement qu'à aucune autre époque, emportés par ce mouvement de construction /déconstruction que nous appelons Histoire. Un bon usage de la modernité, c'est est de convertir ce mouvement en liberté créatrice.  

 jclambertJe suis né à Paris en 193O. Mon aventure intellectuelle a commencé à la fin de la seconde Guerre mondiale, qui n'a pas épargné ma famille. S'il faut un point de repère symbolique, ce peut-être les obsèques de Paul Valéry, place du Trocadéro, le jour de mes quinze ans. Je m'y trouvai, je m'étais formé à la lecture de Valéry; plus tard, accueilli par son épouse et sa fille Agathe j'ai établi une édition commentée de ses Ecrits sur l'art. Plus tard encore, je serai quelque peu associé aux Recherches poïétiques de René Passeron (CNRS) qui a développé la pensée de Valéry. 

En 1948, dans le rejet des "idées et croyances" qui avaient entraîné, ou n'avaient pu empêcher, la catastrophe mondiale, j'ai cherché un tout ailleurs, une patrie de recommencement. Ce sera la Scandinavie, surtout la Suède. Enchantement du grand Nord mais aussi écouverte d'une société plus équitable et plus libre dans ses moeurs, ainsi que d'une poésie méconnue. Amitié et traduction des poètes: Lundkvist, Lindegren (avec qui je travaillerai à la traduction de St John Perse pour préparer son Nobel), Ekelöf, Forssell, Tranströmer, Söderberg, Fahlström, Espmark, etc), ce que je résumerai plus tard dans un livre, à la fois essai et témoignage: La paix Dorée. 

Je croise les artistes un peu plus âgés que moi et déjà pleinement opérationnels qui vont constituer le mouvement Cobra. Affinités certaines, amitiés définitives (Dotremont, Jorn, Corneille, Constant, Alechinsky, Pedersen), échanges fertiles poursuivis pendant un demi-siècle. Il en est résulté une quinzaine de livre (ou plus). En 1997, le Musée Cobra d'Amstelveen consacrera à ces échanges une très complète exposition: JCL, ontmoetigen med Cobra

Continué en quelque sorte par le réseau international et la revue Phases de mon ami Edouard Jaguer, Cobra est un dérivé vivant du Surréalisme dont je ressens alors l'attraction. Déjà, quelques années auparavent, le bienveillant accueil de Paul Eluard, alors que j'étais encore lycéen, m'y avait en quelque sorte préparé, alors même qu'Eluard, rallié au stalinisme, avait rompu avec le groupe de Breton. La poésie d'Eluard m'a marqué durablement. "J'aime que JCL se soit donné pour tâche d'élucider les mots" a-t-il écrit, et j'ai voulu ne jamais l'oublier.                             

                                                                                   

Je prends très tôt (trop tôt) une part active à la vie littéraire et artistique, je rencontre, aînés admirés et bienveillants, Camus, Char, Michaux, Tardieu, Bachelard, ainsi que le poète mexicain Octavio Paz, lié au groupe d'André Breton. Paz sera un ami fraternel pour toute la vie, comme le montre notre correspondance, dont la publication est prévue pour 2OO8. Je traduis les poèmes d'Aigle ou soleil?, de Liberté sur Parole et le classique Labyrinthe de la solitude, initiation au Mexique passé et présent. Mexique et Suède sont véritablement mes pays d'élection. Mais que dire de l'Italie, du Japon, des Pays Bas, du Maroc? Ubi bene ibi patria: je fais mien l'adage d'Erasme. Aujourd'hui, je vis en Puisaye.

Années 5O: je rassemble les poèmes en toutes langues et de toutes cultures (sauf l'Europe d'après la Renaissance) pour un Trésor de la poésie universelle, ce qui sera l'occasion de relations approfondies avec Roger Caillois, qui co-signera ce très gros ouvrage.

Lyriques, antilyriques, mes premiers livres de poésie paraissent: Dépaysage, le Voir Dit. Suivent des recueils "expérimentaux" aussi bien dans l'usage du matériel linguistique que dans la conception même du livre: Code, Laborinthe. "Aventures dans les dimensions cachées du langage", dira le méta-philosophe Henri Lefebvre, avec qui j'aurai plus tard une série d'entretiens: La poésie, pour quoi faire? publiée dans le recueil Wozu. 

La présence sonore des mots est pour moi l'un des éléments déterminants de la création poétique. J'interroge la nouvelle musique: Pierre Scheaffer, initiateur de la "musique concrète" et directeur du Club d'essai de la Radiodiffusion Française qui m'accueillera de temps à autre. A New York, Edgar Varese me parlera de sa quête de "moyens d'expression entièrement nouveaux pour explorer l'art du son." Par la suite, j'entamerai avec le compositeur et musicologue Jean Yves Bosseur une collaboration multiforme: nombreux concerts-lectures (anthologie sonore dans le CD Code, Sonart O27, produit par Jacques Donguy) et une sorte d'opéra, Les labyrinthes, créé à Lisbonne en 1984. Bosseur illustre avec des partitions écrites mon recueil Le noir de l'azur.   

Une première anthologie de mon oeuvre poétique, commentée par Georges Raillard, a pour titre Poésie en jeu. Dix ans plus tard, mon anthologie personnelle s'intitulera Le jardin le labyrinthe (Grand prix de poésie de la Société des Gens de Lettres).

Dans un double effort de prise de conscience historique et de visée mythologique, j' entreprends une anti légende du siècle. Sous forme d'oeuvres radiophoniques (ACR avec René Farabet) et théâtrales, ce sera Bris/Collage/K, (l'assassinat de Kennedy, décors de Rancillac) et Stalinade, tragédie-bouffe,(ubuification du tyran soviétique, décors de Erro), qui provoqueront chaque fois un tel scandale que les représentations, Barcelone, Rotterdam ou Paris, seront interrompues. Une pièce sur De Gaulle-Pétain ne dépassera pas le stade de la dramaturgie et sera publiée comme telle par l'Institut Charles De Gaulle. Les poèmes de l'Anti légende se trouvent dans deux recueils: Les armes parlantes et X-Alta, à paraître prochainement. C'est le discours du bouffon, personnage archétypal qui parle en moi de temps à autre, en alternance avec le puer aeternus (Trillali Trillala ou la langue des oiseaux). Dérangeants l'un et l'autre mais qu'y puis-je? Je préférerais ne chanter que l'aimance, en communauté d'inspiration avec mon ami, le poète marocain Adbdelkebir Khatibi.

En traduction, (plus exactement, en transcription poétique), je donne au cours des ans des volumes de Paz, Ekelöf, Lindegren, Lundkvist, Sabines, Ballo,Tsutsumi, une Anthologie de la poésie suédoise, des origines à nos jours (UNESCO), et deux anthologies des poésies mexicaines, précolombienne et hispanique, ainsi qu'un recueil multilingue Langue étrangère (Cernuda, Schade, Harder, Lucebert, Schierbeck, Kouwenaar, Espmark, Söderberg, Hegazi).

Dès l'adolescence, beaucoup de voyages et séjours at large: Angleterre (pour rencontrer TS Eliot), Laponie, Majorque, USA, Pologne, Prague, Milan, Rome, Pise, New York, Mexique, Brésil, Maroc, Iran, Inde, Népal, Cambodge, Japon, Taïwan, Galice, Australie, Israel, Jordanie, Sénégal, Pérou, Venezuela, Colombie, etc, avec un premier tour du monde en 1964. Plus que curiosité touristique, ce sont des voyages dans l'art in progress: je me suis voulu compagnon de route et compagnon d'oeuvre des artistes contemporains partout où ils travaillent. Il en est résulté de nombreux ouvrages de critique artistique, ainsi que de "grandes éditions" de ma poésie illustrées par ces compagnons. Plusieurs expositions les ont rassemblés: principalement au Musée de Saint Etienne: Compagnons de route,1972, à ArtCurial, Paris, Les mots et le visible, à l'occasion de la parution du livre de Gérard Durozoi JCL ou le regard des mots, 1994; chez Arenthon, Paris, Compagnons d'oeuvre, cinquante ans de poésie partagée. 1998,avec un catalogue bibliographique. 

 Tout cela accompagné de conférences, cours universitaires et interventions publiques, montages d'expositions (Donner à voir, salon des Jeunes critiques, avec P.Restany, G. Gassiot Talabot, José Pierre, etc, L'art latino-américain à Paris, Musée d'art moderne de la ville de Paris, Charles Estienne et l'art à Paris, Centre national d'art contemporain, le Labyrinthe dans l'art contemporain, fondation Gulbenkian Paris et Lisbonne, Cobra, Caracas, Taïpeh, Stockholm, Liège, Panorama de la sculpture en France, biennale de Matera, Italie, etc), de spectacles inter-arts (Domaine Poétique, avec François Dufrêne, Robert Filliou, Gherasim Luca, Bernard Heidsieck, Bryon Gysin, etc, à la Biennale de Paris puis Stockholm, Téhéran, Phnom Penh, Tokyo), festival Jean Tardieu à Europalia/Bruxelles, Octavio Paz à RomaEuropa et au Festival d'Avignon), de performances et récitals (avec le groupe Intervalles de JY Bosseur). Invité aux principaux festivals de poésie à travers le monde (Knokke, Medellin, Dakar, Malmö, Polyphonix, Lisbonne, Marrakech, Saint Jacques de Compostelle, Lima, etc). Avec maintes entreprises éditoriales: la série de monographies et les Cahiers du Musée de Poche, le périodique Opus International (avec A. Jouffroy, G. Gassiot Talabot, RJ Moulin JL Pradel, JJ Lévêque), le Dictionnaire du surréalisme et de ses alentours (Biro/Passeron), le Dictionnaire de l'art moderne et contemporain (Durozoi/Hazan), les deux éditions du festival Poètes sans frontières: Paris/Babel, Le feu des mots, le colloque UNESCO-Sorbonne-Maison de l'Amérique Latine l'Univers de Roger Caillois suivi par la création de la Société des Amis et lecteurs de Roger Caillois, qui couronne chaque année un écrivain francographe et un écrivain latino-américain traduit en français. 

Mes livres et poèmes sont traduits dans je ne sais combien de langues étrangères, dont le chinois. Après avoir habité dans différents quartiers de Paris, dont la dégradation par le trafic automobile m'est insupportable, puis à Lagorce, village à demi ruiné de l'Ardèche et vingt ans à Bougival, au bord de la Seine, je réside désormais avec mon épouse Alice Caron Lambert, artiste et historienne des roses, créatrice de la gastronomie florale (Floralice) et Monsieur Oscar, notre Labrador en Puisaye (Bourgogne), à la Ferme du Château, 89130 DRACY. C'est chaque fois une fête d'y accueillir enfants et petits-enfants, neuf pour le moment (Beaucoup des plus clairs moments de ma vie je les dois a mes enfants).
jclambertchinois
 
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